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Produit de l'année: Amrit Kalash
Le classique: Vata Tee, Bio
Pour votre feu digestif : Agni Queen, bio
Spécialité ayurvédique: Rasayana au fer
Soin de peau rafraîchissant: Crème soins du visage pitta
Inspiration Brahmi, Bio
Bonjour Annica Schmid, et merci de nous accorder ce moment pour partager votre expertise sur la santé des femmes à travers le prisme de l’Ayurveda.
Depuis plus de vingt ans, vous accompagnez vos patientes dans votre cabinet de médecine ayurvédique à Zurich. En parallèle, vous transmettez votre savoir en tant qu’enseignante à l’école de naturopathie HPS de Lucerne et en tant qu’experte aux examens pour les futurs médecins ayurvédiques. Votre parcours est riche d’études approfondies en Inde ainsi que d’une formation de quatre ans en TEN (naturopathie traditionnelle européenne), complétée en 2015 par l’obtention du diplôme fédéral de naturopathe en médecine ayurvédique.
Aujourd’hui, nous avons le plaisir d’échanger avec vous sur cette approche holistique et millénaire de la santé féminine.
Jeune femme, j’ai eu l’opportunité de découvrir la puissance de l’Ayurveda dans une petite clinique de village en Inde. J’ai été fascinée par la précision des diagnostics et les résultats obtenus sur les symptômes des patients. Ce qui m’a également profondément marquée, c’est le respect des ressources naturelles et la connaissance approfondie de leurs bienfaits et de leur puissance.
À cela s’ajoutait une dimension économique frappante : grâce à des traitements simples, des préparations à base de plantes – parfois fabriquées sur place – et des recommandations alimentaires adaptées, j’ai pu observer des améliorations significatives de l’état de santé des patients. Une médecine à la fois rapide, efficace, respectueuse des ressources et accessible à tous : c’était une évidence, je voulais absolument l’apprendre.
L’Ayurveda repose sur des outils diagnostiques précis, une expertise clinique approfondie et une grande capacité à établir un pronostic. Même si ces approches ne s’inscrivent pas toujours dans la logique de la médecine moderne, elles sont d’une richesse et d’une justesse remarquables. Si les principes de l’Ayurveda étaient combinés aux technologies de diagnostic contemporaines, cela permettrait d’affiner considérablement l’exactitude des diagnostics.
La femme est un être sensible. Aucun changement, qu’il soit physique ou émotionnel, ne lui échappe. Dans les Védas, le bien-être des femmes est considéré comme un indicateur essentiel de la santé d’une société.
Les femmes qui viennent me voir recherchent un accompagnement tout au long des différentes étapes de leur vie, de la puberté à la ménopause. Elles consultent pour des troubles du cycle menstruel, le syndrome prémenstruel (SPM), des difficultés liées à la fertilité ou encore des symptômes variés liés à la ménopause. Je reçois également des patientes souffrant d’endométriose, de myomes ou de kystes ovariens. Enfin, j’accompagne les femmes avec des soins ayurvédiques pendant la grossesse, le post-partum et l’allaitement.
Pour répondre à cette question, il est important de poser un cadre plus large. L’Ayurveda comprend huit disciplines, dont l’une, appelée « Kaumarabhritya », englobe :
Cette discipline ne se limite pas à la connaissance des maladies ; elle inclut aussi les signes avant-coureurs de celles-ci.
C’est là un des grands atouts de l’Ayurveda : il accorde une importance particulière aux symptômes précurseurs (Purva Rupa), qui précèdent l’apparition d’une maladie. Ces signes ne sont pas encore la maladie elle-même, mais des indicateurs d’un déséquilibre en cours. Selon Charaka, Purva Rupa est décrit comme « avyakta nakshat », ce qui signifie des manifestations subtiles et incomplètes d’un trouble à venir. Contrairement à la médecine moderne, qui tend parfois à négliger ces signaux, l’Ayurveda leur confère une valeur clinique essentielle. En identifiant ces symptômes en amont, il devient possible d’agir préventivement et d’éviter l’évolution de la maladie.
Le cycle menstruel est un reflet direct de l’équilibre de santé d’une femme. Beaucoup de femmes ressentent des désagréments ou des douleurs qui sont souvent minimisés par la médecine conventionnelle. En Ayurveda, la durée des règles, leur régularité, l’abondance du flux, sa texture et ses symptômes associés sont des indicateurs clés de l’état général de l’organisme féminin.
Des menstruations sans douleur et un flux harmonieux sont des signes d’un bon équilibre des tissus Rasa (nourriciers) et Rakta (sanguins). Un sang sain doit s’écouler sans difficulté, être d’un rouge foncé naturel, inodore et fluide, sans impuretés excessives. De plus, les taches de sang doivent pouvoir se nettoyer facilement à l’eau froide.
En Ayurveda, tout est relié au principe central du métabolisme, Agni. Lors d’une consultation, j’analyse les symptômes d’une femme en les mettant en lien avec les principes ayurvédiques afin d’en identifier la cause profonde. Chaque symptôme raconte une histoire sur la patiente.
Une femme en bonne santé perçoit ses règles comme une bénédiction et un processus naturel de purification du corps. Elles devraient se dérouler de manière fluide, sans douleur ni inconfort.
L’Ayurveda nous transmet un savoir précieux sur les comportements à adopter avant, pendant et après les menstruations. Une femme qui prend soin de son corps durant sa jeunesse et sa période de fertilité vivra également la transition vers la ménopause comme une étape harmonieuse.
Les approches préventives ayurvédiques, notamment une alimentation adaptée et l’utilisation de plantes médicinales puissantes appelées Rasayanas, jouent un rôle clé dans le maintien d’une vitalité durable et d’un bien-être féminin tout au long de la vie.
La théorie des constitutions occupe une place centrale en Ayurveda. Toutefois, quelle que soit sa constitution de naissance (Dosha), chaque femme peut atteindre un cycle menstruel harmonieux et sans inconfort. Les variations dans la durée des règles, la longueur du cycle et la période de fertilité dépendent de l’équilibre de chaque Dosha.
Les déséquilibres se manifestent différemment selon la constitution et les perturbations acquises au fil du temps :
En Ayurveda, la clé d’un cycle menstruel équilibré réside dans l’harmonisation des Doshas grâce à des ajustements alimentaires, des plantes médicinales et des rituels adaptés à chaque femme.
Oui, l’Ayurveda, avec sa vaste expérience en matière de santé reproductive, peut offrir un accompagnement précieux dans ce domaine.
Les difficultés à concevoir peuvent avoir de nombreuses causes, parmi lesquelles la prise prolongée de contraceptifs hormonaux, des habitudes de vie inadaptées, une alimentation déséquilibrée, une accumulation d’Ama (toxines métaboliques) et des déséquilibres émotionnels. Les hormones synthétiques peuvent perturber la production hormonale naturelle et désorganiser le cycle menstruel, en particulier chez les femmes de constitution Vata. Dans certains cas, une régulation hormonale naturelle peut être nécessaire.
En Ayurveda, la préparation à la grossesse commence bien avant la conception. Les futurs parents sont invités à se purifier physiquement et mentalement afin de ramener leurs Doshas en équilibre. Pour éviter les complications avant, pendant et après la grossesse, il est essentiel d’éliminer Ama (les toxines et résidus non digérés) et de réguler Agni (le feu digestif).
Lorsque les Doshas sont équilibrés et que Ama est éliminé, les énergies subtiles Ojas, Tejas et Prana – essentielles à la vitalité et à la fertilité – sont renforcées. Pour cela, l’Ayurveda recommande une purification profonde du corps (Panchakarma) et une stabilisation de l’esprit (Sattvajaya).
Une cure de Panchakarma est un outil efficace et essentiel dans ce processus. Depuis plusieurs années, je propose également ces traitements en ambulatoire, permettant ainsi un suivi adapté aux besoins des patientes.
— Sharirasthanam, cité par S. Sena, vol. 1, 2009:365
Les myomes sont des tumeurs bénignes de l’utérus composées de tissu musculaire lisse. Elles régressent généralement après la ménopause en raison de la diminution des récepteurs aux œstrogènes. Dans la plupart des cas, les myomes sont asymptomatiques, bien que certaines femmes ressentent une sensation de pression ou de douleur. Selon leur taille et leur emplacement, un myome peut provoquer des métrorragies (saignements hors du cycle menstruel). Leur diagnostic repose sur l’anamnèse, l’examen clinique et l’échographie.
En cas de symptômes sévères ou de myomes dépassant 10 cm, une hystérectomie (ablation de l’utérus) est parfois envisagée. Toutefois, pour les myomes plus petits, l’Ayurveda propose des approches naturelles prometteuses.
Selon l’Ayurveda, les myomes sont une manifestation de Mamsa Vruddhi, une prolifération anormale du tissu musculaire (Mamsa Dhatu), causée par un excès de Kapha Dosha accumulé sur une longue période. Cette accumulation surcharge le métabolisme et favorise la formation de tissus excédentaires.
Le traitement ayurvédique vise donc à réduire Kapha Dosha, à renforcer Agni (le feu digestif) et à purifier les Shrotas (canaux circulatoires et énergétiques du corps). Pour dissoudre ces obstructions, une thérapie de purification profonde (Shodana) est souvent indiquée.
Les tumeurs bénignes et kystes (au niveau des seins ou des ovaires) sont généralement des modifications fibreuses du tissu conjonctif, sans évolution maligne. L’Ayurveda distingue ces affections en fonction des Doshas dominants et adapte le traitement en conséquence :
Grâce à une approche personnalisée, combinant plantes médicinales, alimentation et purification ayurvédique, l’Ayurveda permet une prise en charge en profondeur pour prévenir et atténuer ces troubles féminins, souvent bien avant qu’une solution chirurgicale ne soit nécessaire.
L’Ayurveda regorge de plantes médicinales précieuses, utilisées soit individuellement, soit sous forme de formulations traditionnelles adaptées aux besoins du corps féminin.(Note de la rédaction : En cas de troubles de santé majeurs, il est fortement recommandé de consulter un praticien ayurvédique et d’éviter l’automédication.)
Shatavari – « Celle qui possède cent époux » (Asparagus racemosus – Asperge sauvage indienne)
Le Shatavari est une plante Rasayana, réputée pour être un véritable élixir féminin. Son action est rafraîchissante et hydratante. Elle est souvent utilisée pour améliorer la fertilité, prévenir les fausses couches (antiabortive) et stimuler la lactation.
Pendant la ménopause, Shatavari aide à soulager les symptômes tels que les bouffées de chaleur, les troubles du sommeil, la sécheresse et l’excès d’acidité gastrique. Elle protège également les muqueuses et exerce un effet apaisant sur le système nerveux (Medhya).
Contre-indications : Cette plante est déconseillée en cas d’excès de Kapha, de tumeurs, de kystes ou de myomes.
L’Ayurveda propose ainsi des solutions naturelles et holistiques pour accompagner les femmes à chaque étape de leur vie, en soutenant leur équilibre hormonal et leur bien-être global.
(avec des plantes indigènes, en cas de saignements douloureux et spasmodiques)
Verser de l’eau bouillante sur 1 à 2 cuillères à café de ce mélange par tasse et laisser infuser pendant 10 minutes. Boire 2 à 3 tasses de ce mélange chaud entre les repas.
Withania somnifera – cerise d’hiver
L’ashwagandha est un rasayana ayurvédique classique. Elle est nourrissante, fortifiante, renforce la force digestive (Agni) et le métabolisme, analgésique (antidouleur) et anti-inflammatoire, favorise le sommeil et la régénération et aide à gérer le stress (adaptogène, medhya). Le cerisier d’hiver est également considéré comme un reconstituant pour une musculature saine, renforce le système immunitaire et agit comme un aphrodisiaque pour une sexualité et une reproduction saines (vrishya).
Valeriana wallichii – valériane indienne
La tagara a un effet calmant, analgésique et antispasmodique. Cette plante est utilisée en cas de tension intérieure, de troubles du sommeil, de souffrances psychiques, d’épilepsie ainsi qu’en cas d’impuissance et d’hypertension d’origine psychique.
Saraca indica – Ashoka
Cette plante ayurvédique possède des propriétés analgésiques et astringentes (hémostatiques, antidiarrhéiques, etc.). Elle est utilisée en cas de règles abondantes, de troubles utérins (ménopause, crampes) et de leucorrhée.
Remède contre les saignements menstruels excessifs : Prendre 1 g de Ashoka Churna (poudre) une fois par jour, accompagné de 3 g de Amalaki Churna (poudre, pour favoriser la production sanguine) deux fois par jour, ainsi que d’une infusion de graines de fenouil, pendant au moins trois mois (effet régulateur sur le cycle menstruel).
Ashoka Churna doit être suspendu pendant la période menstruelle.
Glycyrrhiza glabra – Yashtimadhu
Le réglisse est un rasayana classique, medhya, lactogène, cicatrisant et analgésique (antidouleur). Elle est utilisée entre autres en cas de rhume, est tonique pour la gorge et favorise l’expectoration. La prudence est de mise en cas d’hypertension (sodium+, potassium-) ; au-delà de 5-6 g par jour, la réglisse est laxative.
Contre-indication : oedèmes, kapha élevé.
L’Ayurveda met l’accent sur un principe fondamental : la prévention. Et si, parfois, nous nous éloignons de ce chemin de bien-être, il est essentiel de nous accorder de la bienveillance et de revenir à notre source de santé, que j’appelle l’amour de soi. L’Ayurveda repose sur une profonde écoute de soi et une grande bienveillance envers son corps et son esprit. Un jour, mon mentor et maître en Ayurveda m’a dit :
« Au début, cela peut sembler difficile, presque comme un poison, mais avec le temps, c’est un nectar. Et lorsque tu en ressens les bienfaits, tu ne peux plus t’en passer. »
Savez-vous quelle est la première cause de maladie selon l’Ayurveda ? Il est surprenant de constater qu’elle repose avant tout sur nos propres choix et décisions (Prajna Aparadha). Cela signifie, en d’autres termes, le fait d’ignorer l’intelligence naturelle de notre corps. Cette sagesse innée, appelée Prajna, est précieuse mais fragile. Lorsque nous faisons abstraction des enseignements tirés de nos expériences passées, nous nous infligeons nous-mêmes des déséquilibres et de la souffrance. En d’autres termes, la maladie survient lorsque nous agissons en contradiction avec ce que notre corps et notre esprit savent être juste pour nous.
Pour retrouver cet équilibre, dix gestes simples inspirés de l’Ayurveda et du Yoga peuvent vous aider. Ils offrent une structure pour être à l’écoute de votre corps et vous guider vers une vie plus harmonieuse, légère et pleine d’énergie. Ces pratiques englobent des domaines essentiels tels que l’alimentation, le sommeil, la respiration, les relations et le soin de soi. De petits ajustements dans vos habitudes quotidiennes peuvent suffire à transformer votre bien-être – toujours en tenant compte de votre constitution personnelle (Dosha).
Chaque pas vers un meilleur équilibre compte sur le chemin de la maîtrise de soi !